La hijama

Histoire d'une pratique millénaire.

De l'Égypte ancienne à la sunna du Prophète ﷺ, jusqu'aux Jeux olympiques : l'histoire d'un geste transmis depuis des millénaires.

Une pratique millénaire

L'une des plus anciennes pratiques de soin.

Ventouses de hijama, cabinet ancien

La hijama, ou ventouse humide, compte parmi les plus anciennes pratiques de soin de l'humanité. Le mot vient de l'arabe hajm, qui signifie « aspirer ».

Le principe est simple : on pose des ventouses sur la peau pour créer une aspiration, on pratique de fines incisions superficielles, puis on repose les ventouses pour extraire une petite quantité de sang.

Aux origines

De l'Égypte ancienne à la Chine.

Fresque de style égyptien : un guérisseur pose des ventouses en cornePeinture chinoise : ventouses en bambou et en corne
Égypte ancienne et Chine

La plus ancienne mention souvent citée vient de l'Égypte ancienne : le papyrus Ebers, rédigé vers 1550 avant J.-C., qui parlerait déjà de ventouses. On retrouve la pratique en Grèce antique, chez Hippocrate puis chez Galien, et en Chine, où le médecin Ge Hong la décrit au IVe siècle.

Les premières ventouses connues étaient des cornes d'animaux évidées. Selon les régions, on a ensuite utilisé le bambou, la terre cuite, le métal, puis le verre.

Tradition islamique

Une place particulière dans la sunna.

Manuscrit médical ancien du monde islamique, ouvert sur un pupitre
Les savants du monde musulman

La hijama occupe une place particulière dans la tradition musulmane. Le Prophète Muhammad ﷺ se l'est fait appliquer et l'a recommandée. Dans le Sahih al-Bukhari, il est rapporté qu'elle fait partie des meilleurs remèdes. Elle est ainsi devenue une sunna, transmise de génération en génération.

Au Moyen Âge, les grands savants du monde musulman, comme Ibn Sina (Avicenne) dans son Canon de la médecine, en ont décrit les techniques, les points d'application et les moments propices.

De l'Europe à aujourd'hui

Oubliée, puis redécouverte.

Coffret d'apothicaire du XIXe siècle avec des ventouses en verre
Europe, XIXe siècle

En Europe, la ventouse est restée courante pendant des siècles. Elle a reculé avec l'essor de la médecine moderne, puis des antibiotiques : en France, on posait encore des ventouses en verre contre la bronchite jusque dans les années 1950. Elle a connu un grand retour médiatique en 2016, quand le nageur Michael Phelps est apparu aux Jeux olympiques de Rio avec des marques de ventouses sur le dos. Aujourd'hui, elle est pratiquée dans le monde entier, par des sportifs comme dans les communautés attachées à la sunna.

  1. vers 1550 av. J.-C.

    Égypte ancienne : le papyrus Ebers évoque déjà la saignée et les ventouses.

  2. Antiquité

    Grèce : Hippocrate, puis Galien, en décrivent l'usage.

  3. IVe siècle

    Chine : le médecin Ge Hong décrit la « méthode de la corne ».

  4. VIIe siècle

    Le Prophète Muhammad ﷺ se la fait appliquer et la recommande : elle devient une sunna.

  5. Moyen Âge

    Ibn Sina (Avicenne) en détaille les techniques dans son Canon de la médecine.

  6. XXe siècle

    Europe : la pratique recule avec les antibiotiques. En France, on pose encore des ventouses contre la bronchite jusque dans les années 1950.

  7. 2016

    Jeux olympiques de Rio : les marques de ventouses de Michael Phelps la remettent sur le devant de la scène.

Les bienfaits recherchés

Ce que l'on vient y chercher.

Homme détendu, allongé, avec des ventouses sur le haut du dos
Détente et récupération

Traditionnellement, la hijama est pratiquée pour :

  • 01Les douleurs musculairesSoulager notamment la nuque, le dos et les épaules.
  • 02Les tensionsApaiser les maux de tête et les tensions.
  • 03La détenteFavoriser une sensation de détente et de légèreté.
  • 04La récupérationAccompagner la récupération sportive.

Quelques études scientifiques suggèrent un effet sur certaines douleurs chroniques (cervicales, lombaires), mais les recherches restent limitées. La hijama ne remplace en aucun cas un avis ou un traitement médical.

Quand pratiquer

Les moments recommandés.

La lune décroissante au-dessus d'une vieille ville
Après la pleine lune

Selon la tradition prophétique, certains jours sont recommandés. Un hadith rapporté par Abou Dawoud indique que la hijama pratiquée les 17, 19 et 21 du mois lunaire (hégirien) est un remède.

17du mois hégirien
19du mois hégirien
21du mois hégirien

La pleine lune tombe vers le 14 ou le 15 du mois hégirien. Ces jours correspondent donc à la période qui suit la pleine lune, quand elle décroît.

  • —Le jour de la semaineLes lundis, mardis et jeudis, selon un hadith rapporté par Ibn Majah. Sa chaîne de transmission est jugée faible par une partie des savants.
  • —Le momentLe même hadith recommande de la faire à jeun. En pratique, suis les consignes données avant ta séance.

Ibn Sina conseillait lui aussi le milieu du mois lunaire : selon la médecine des humeurs de son époque, c'est le moment où elles sont le plus « agitées ». C'est une explication traditionnelle, qui n'est pas démontrée scientifiquement.

La hijama est une pratique de bien-être. Elle ne remplace pas un avis médical. En cas de maladie ou de traitement, parles-en d'abord à ton médecin.
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